Le chou brave : le mag’ de l’alimentation crue

Le chou brave est désormais né, après s’être fait attendre et avoir fait saliver plus d’une personne : ce magazine de l’alimentation vivante est un trimestriel vendu sous format numérique. Le premier numéro, de 97 pages couleur, est proposé au prix exceptionnel de 1 €.

Cette feuille de chou, brave mais à consommer brute de brute, est l’idée des contributeurs de ce blog. De nombreux autres crudivores sont venus en renfort pour faire croitre ce projet.

Pour acheter le magazine, c’est ici : http://lechoubrave.fr/vente-du-numero-en-cours/

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Pissenlit

Le Pisse-au-lit (Pissenlit), comme son nom l’indique, est réputé pour ses vertus diurétique. Par ailleurs, la plante est utilisée en Phytothérapie, en Homéopathie, en lotion, en cuisine ou sous différentes autres formes.

Son nom latin : Taraxacum officinale dit commun.

Le pissenlit est également nommé :

  • Dent-de-lion
  • Laitue-de-chien
  • Salade de taupe
  • Couronne-de-moine
  • Florin d’or

D’après le livre de Maria Treben, « ce simple », comme elle le nomme, aurait une action efficace pour les personnes souffrant de diabète. La personne devrait en manger jusqu’à 10 tiges par jour durant la saison de floraison. Les tiges des fleurs sont lavées et, ensuite seulement, les fleurs sont enlevées et mâchées lentement. Le suc frais du pissent fait qui plus est disparaître les verrues et les tâches de rousseur.

Les infusions de cette fleur auraient des effets dépuratifs, digestifs, diurétiques et tonifiantes. De plus, les racines de pissenlit séchées et moulues servent à faire une sorte de café (Chicorée). Attention : en cas de calcul biliaire, les racines de pissenlit peuvent causer de l’hyperacidité. Les fibres de la plante fraîches(feuilles) sont utiles contre la constipation.

Je vous décrit un peu la plante, unique en son genre, simple et facile à reconnaître :

  • Feuilles dentées et allongées.
  • Fleurs à la couleur jaune.
  • La fleur à la particularité de se transformer en plumeaux sphérique.

Les graines sont très atypiques, car elles se décollent au moindre coup de vent. Les enfants s’amusent souvent à souffler dessus, pour les voir s’envoler. Le pissenlit est une plante vivace et rustique. Il appartient à la famille des chicorées.

La floraison du pissenlit est assez longue. Elle débute en Mars et fini vers le mois de Novembre. Au début du printemps, aux alentour du 20 Février, c’est le meilleur moment pour cueillir les premières feuilles de pissenlit dans les près. Tout dépend de la rigueur de l’hiver, de la température et de l’ensoleillement. A la recherche du pissenlit, je préfère les grandes prairies ou les grands parcs à moutons, loin de toute culture céréalière. Je fouille souvent les talus de taupe, car le pissenlit qui y pousse a des feuilles bien plus longues et plus tendres. L’avantage de cueillir le pissenlit au début du printemps, c’est que ces jeunes pousses sont moins amères et plus goûteuses que lorsqu’il atteint sa maturité végétative. Dès que je rentre chez moi, je le nettoie et prépare ma salade préférée. J’ai une pensée toute particulière pour ma grand-mère qui préconisait une cure de pissenlit, une fois dans l’année : durant 1 mois, 1 repas de pissenlit par jour. Bon pied, bon œil, et ce à plus de 85 ans. Elle aimait plaisanter et me disait souvent ce proverbe :

« Mange de la salade et tu ne seras pas malade »

Elle me vantait ses vertus : « Le pissenlit nettoie le sang, le foie et la vésicule biliaire. »

Elle me disait également que cela vaut un vrai nettoyage de printemps. Donc, je suis ses précieux conseils.

Exemple : Salade de pissenlit

aux échalotes et ails ou aux différentes feuilles du printemps : feuilles de pissenlit+roquette+épinard+betterave rouge+laitue.

Le pissenlit a une teneur en minéraux supérieure à celle d’autres légumes. Les feuilles de pissenlit sont très riches en vitamine C, Pro vitamine A, Carotène et en Minéraux.

Valeurs nutritionnelles (pour 100 g)

Cru*

AJR**

Calories

39 kcal

Protéines

2,7 g

Glucides

5,7 g

Lipides

0,7 g

Fibres

3,5 g

30 g

Sodium

76 mg

Potassium

418 mg

2 000 mg

Pro vitamine A

8 400 µg

4 800 µg

Calcium

165 mg

800 mg

Fer

3,1 mg

14 mg

Vitamine C

35 mg

80 mg

Vitamine B1

0.19 mg

1.1 mg

Vitamine B2

0.2 mg

1.4 mg

Vitamine B6

0.25 mg

1.4 mg

Vitamine B9

190 µg

200 µg

Vitamine E

2,5 mg

12 mg

* Ciqual 1995 ** Apports Journaliers Recommandés

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Le magazine de l’alimentation vivante !

Bientôt un magazine de l’alimentation vivante et de l’abondance !

Il était une fois un germe qui mûrissait lentement… Soudain, l’idée m’est apparue comme évidente et a éclos au cours d’une nuit d’insomnie !

Quelle idée ? Celle de créer un magazine autour de l’alimentation crue, de l’alimentation vivante !

En effet, il n’en existe malheureusement pas encore à ce jour, à ma connaissance. Mais quand ça n’existe pas, comme on dit, il faut l’inventer. Ayant une expérience plus ou moins conséquente dans ce domaine, c’est avec enthousiasme que j’ai donc décidé de remédier à ce manque !

L’idée se concrétise de plus en plus et, après avoir trouvé le nom du magazine et des partenaires prêts à s’embarquer dans l’aventure, nous avons travaillé sur la rédaction de premier numéro, sur le logo, etc.

Voici donc la couverture du premier numéro de « Le chou brave », le premier magazine autour de l’alimentation vivante et de l’abondance !

Et son sommaire :

Le numéro sera prêt d’ici peu !

Il sera proposé sous format numérique sur internet au prix symbolique de 1 €. Que les personnes pouvant se permettre de donner davantage n’hésitent pas : leur geste sera précieux car un projet d’une telle envergure requiert beaucoup de temps et d’investissement et ces efforts auront besoin d’être encouragés par une stabilité financière sur le long terme…

Par ailleurs, une publication papier pourrait être envisagée, mais cela supposerait un nombre conséquent de personnes prêtes à s’abonner et/ou être partenaire financier (sous forme de don, mécénat ou autre). Si cela était votre cas, n’hésitez pas à nous le signaler !

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Le passage à l’alimentation crue en famille

Il y a un peu plus d’1 an et demi, nous mangions sans gluten sans lait sans poison ni viande lorsque nous avons décidé de passer au cru 100% brut. Je ne sais pas si nous sommes rendus au bout de ce chemin si tant est qu’il ait une fin !

Nous avons eu de grands moments de bonheur :

cueillette d'arbouses en famille… à faire des cueillettes. Je me rappelle les heures passées sous les amandiers. Les enfants commençaient par s’organiser : l’un qui tient le panier, l’autre qui baisse la branche, et le troisième qui cueille en grimpant dans l’arbre, et le quatrième qui regarde ! Une fois la fatigue venue ou l’envie d’en manger, ils s’installaient au pied des arbres sur une couverture, cassaient les coques et se régalaient. Et les adultes continuaient de cueillir jusqu’aux derniers rayons de soleil. J’ai remarqué que nous étions beaucoup plus attentifs aux arbres dont nous croisions le chemin : comestible ou pas ?!!

brochette de légumes crus… à pallier au manque de « dinette ». Nous fabriquions des brochettes de fruits et légumes, plus ou moins sophistiquées. Lors du salon Primevère à Lyon les enfants avaient participé à un atelier de marionnettes fabriquées avec des aliments crus… et les clous de girofle pour les yeux ! Grande partie de rigolades à table lorsque nos marionnettes entraient en scène avant d’être savourées.

… à trouver des solutions au quotidien. Nous avons aussi eu une passade cet hiver et ce petit écart nous a aidé : la sauce sésame crue (Senfas par exemple), avec un peu de tamari et diluée dans plein d’eau pour agrémenter les légumes. C’est pas 100% brut, mais ça nous a aidé à y venir !

anniversaire cru… lors des anniversaires. Chaque enfant nous commandait son fruit préféré et une fois nous avons du cacher du durian pendant 2 jours !… Tout ce que nous avons inventé pour camoufler l’odeur !! Et les sourires des enfants qui agencent les plateaux de fruits élégamment pendant des heures !

…  à découvrir certains fruits et légumes ! Le temps que le palais s’habitue, et c’était parti pour une grande phase de plaisir !

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Un produit de la ruche méconnu : le couvain

La première fois que j’ai goûté au couvain, je n’avais encore jamais vraiment mangé d’insectes en conscience, et je dois dire que j’ai eu une légère appréhension à l’idée de manger des larves d’abeilles !

En effet, le couvain se définit comme l’ensemble des œufs, larves et nymphes abrités dans les alvéoles fabriquées par les ouvrières. La chambre à couvain se trouvé généralement dans les caisses inférieures de la ruche. Certaines de ces alvéoles contiennent également du pollen, du nectar ou du miel, servant à nourrir les larves.

Le couvain se conserve au frais.

Alors, quel goût a le couvain ? Pour moi, il a un goût très crémeux évoquant un peu le yaourt, mais bien sûr en bien différent… et meilleur !

J’ai aussi goûté du couvain où les « bébés abeilles » avaient déjà la forme des abeilles, c’est beaucoup moins crémeux mais, à mon goût, encore meilleur, surtout que celui que j’ai mangé contenait du nectar.

Par contre, j’ai goûté ce week-end du miel en rayon contenant quelques larves en son centre, donc ce couvain contenait du miel et je dois dire que le « couvain au miel » est… wahou !

 

En faisant quelques recherches sur internet, j’ai vu qu’il existait même un élixir au couvain. Mais le couvain tel quel a les mêmes vertus, sinon plus, coûte moins cher, est meilleur et plus nourrissant, et c’est la forme sous laquelle l’offre la nature !

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Bébé « cru » teste pizza !

Milo a 19 mois, est allaité, et mange cru depuis sa naissance.

Actuellement il préfère les durians, les chirimoyas, les pistaches, les pois chiches fermentés, les fraises, la salade toujours, les petites tomates jaunes, les carottes, et les concombres, les poireaux sauvages, et les asperges sauvages ! Nous trouvons ces dernières dans les vignes abandonnées lors de ballades à vélo.

Pour lui, ce qui se mange ne s’arrête pas à ce qui est présent sur une table. Quand nous sommes sur le terrain, tout ce qui l’attire passe par ses papilles !

Il y a peu, il s’est retrouvé face à une pizza. Curieuse, j’ai observé ce qu’il allait en faire. Il a pris un morceau dans sa main, en a testé la texture. Ensuite il l’a approché de sa bouche (et je suppose l’a senti), puis a commencé à le mâcher. Au bout de deux secondes le morceau ressort et il fait une moue dégoûtée. Il a essayé une autre part, et sa réaction fût identique. Il a finalement opté pour une pomme qui se trouvait sur la table.

Quelques temps plus tard, autre expérience : une copine de son âge lui tend son gressin. Là je l’ai trouvé plus méfiant. Il l’a regardé dans tous les sens. Quand il l’a porté à sa bouche il a juste posé la langue dessus et au bout d’une seconde l’a éloigné et reposé. Confiance…

Evolution de notre expérience du cru : nous avons partagé une semaine dans un lieu collectif avec des familles qui cuisinaient et aucun de nous n’a été tenté. Je sens qu’une sérénité est en train de se mettre en place. Je le vois comme si les émotions relatives à l’alimentation avaient été petit à petit acceptées, écoutées, libérées. Patience…

dégustation d'un grenade

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Maman, j’ai envie de manger cuit…

« Maman, j’ai envie de manger cuit… Les odeurs, le bon goût dans la bouche, et puis les copains mangent cuit alors ça me donne envie… Et puis je voudrais des produits exotiques et on n’en a pas, alors c’est dur… Et puis quand je viens t’en parler tu t’énerves sur moi, alors du coup j’évite de t’en parler… »

C’est ce que ma fille m’a dit et voici un résumé de ce que je lui ai répondu sur le moment.
« Oui, les odeurs donnent envie… Et tu te souviens du goût dans la bouche… Ah, c’est dur avec les copains ? Tu aimerais avoir plus d’exotique parce que tu aimes le goût et qu’alors le cuit ne t’attirerait pas… Peut-être que je pourrais m’arranger pour avoir plus d’exotiques quand tu vois tes copains qui mangent des trucs cuits ?… C’est vrai que je m’énerve, je parle fort et je dis des choses pas très claires… J’aimerais bien t’expliquer ce qui m’énerve vraiment : ce qui m’énerve c’est de ne pas avoir assez de sous pour t’offrir tous les fruits exotiques dont tu as besoin, ce qui m’énerve c’est de ne pas être aussi centrée que je le voudrais pour accueillir tes émotions au moment où tu viens m’en parler. Du coup en vrai ce qui m’énerve c’est de ne pas réussir à être la super maman que j’aimerais être pour toi. »

La discussion est ensuite passé à un autre sujet, et tous ces échanges m’ont fait réfléchir.
Est-ce-que ça me semble toujours essentiel de donner à manger cru à mes enfants ? Oui, c’est une décision mûrement réfléchie, basée sur nos expériences du cru à son père et moi. Nous avons constaté les bienfaits de l’alimentation crue et les dégâts des aliments cuits.
Mais alors, d’où me vient cette tristesse que je ressens ?
Est-ce une peur qui remonte en moi ? La peur d’être une mauvaise mère ? C’est vrai que bien souvent j’ai en face de moi des personnes qui me disent que je martyrise mes enfants de ne pas leur donner des gâteaux, des sucreries, etc. Oui, c’est compliqué encore pour moi de gérer les jugements de mes interlocuteurs. Je me retrouve à me justifier, expliquer… une prochaine fois j’essaierai de rester à l’écoute de la personne plutôt que d’écouter mes peurs de me faire juger.
Aussi, je fais plein d’efforts pour que manger cru soit un plaisir pour mes enfants. Je fais des efforts financiers, je m’organise pour trouver des aliments de qualité, dans les quantités qui leur font plaisir, etc. Et ce n’est pas suffisant… Je me sens pas assez compétente…
Finalement, j’ai peur d’être une mauvaise mère, et j’ai du coup peur que les autres le voient et me jugent ainsi.
Mais cette tristesse qui me reste… ah oui, j’ai trouvé : quand ma fille me parle, moi, je revis à travers elle les tristesses de mes propres frustrations. Du coup je n’arrive pas à l’écouter vraiment.
Je me sens soulagée là, ça va mieux. Je me repencherai plus tard sur mes émotions à moi, et je reviens sur ce dont ma fille m’a fait part, pour voir comment je l’entends maintenant.

Une discussion avec un ami il y a peu me revient en tête. Dans le cru il y a tous les goûts, et la cuisine ne cherche qu’à imiter ces goûts avec la cuisson et des recettes… falsification qui ne fait pas ses preuves puisque notre palais nous réclame toujours plus, signe qu’il n’est pas satisfait… Alors que dans le cru, le corps est pleinement satisfait lorsqu’il a ce dont il a besoin, au moment où il en a besoin, en quantité nécessaire.

Je vais pouvoir reparler à ma fille de ce sujet sans être envahie par mes propres peurs, ma propre tristesse. Je vais pouvoir être centrée quand je vais lui parler, plutôt que d’attendre que le sujet arrive à un moment où je serais débordée. Rester à l’écoute de ma fille, pouvoir accueillir ses émotions. Parce que passer à une alimentation crue, c’est aussi se reconnecter au rythme de la nature, et cette période « entre deux saisons » génère des frustrations bien légitimes.

— Doe

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L’expérience de la cueillette à l’état pur

Bertrand, notre ami crudivore, organise régulièrement des cueillettes itinérantes de plusieurs jours en immersion dans la nature pour apprendre à se nourrir de ce que la nature a à offrir, qu’il appelle également « expériences gastrosophiques ».

Il partage avec nous sa dernière aventure, en novembre dernier, en Italie :

LUNDI 14 / 11 :

Après bien des péripéties, nous décollons enfin de La Penne : Julie, Phil, Bert, Clotilde et Ten Shao entament la première partie de ce passionnant périple. Nous partons plein Est vers Ascros dans le but de rejoindre Menton en une bonne semaine.

Au rendez-vous, petites poires sauvages blettes et délicieuses, cormes (ou sorbes), cynorhodons, quelques noix, mures de ronce sèches et un soleil radieux !

Première nuit sur un petit col (col de l’Ail) sympa et loin de toute route, situé entre Ascros et Toudon ; le « groupe » se disperse largement sur l’espace généreux. Phil est sous bâche, Julie a monté sa tente, Clotilde se la joue « sauvage » en sac de couchage avec un sursac, elle est néanmoins équipée d’un voluptueux matelas gonflant du meilleur effet !

Ten et Bert se sont abrités sous la tente « collective », prévue pour accueillir le groupe en début de soirée (c’est qu’elles sont longues, à partir de 18h !)

Au mâtin, les bouteilles d’eau ayant dormi dehors sont gelées, et certains pieds aussi…

 MARDI 15 / 11 :

Lever de soleil grandiose…

Nous nous dérouillons avec l’exercice des « 5 tibétains » et repartons après un bon déjeuner de poires blettes. En découvrant les avantages du blettissement, certains d’entre nous abandonnent goulûment l’appréhension culturelle qu’il leur restait.

Nous découvrons le long du chemin vers Toudon la chapelle de la sainte Baume, une chapelle encastrée dans la roche face au sud ; la porte est ouverte et nous notons qu’en cas de pluie, ce lieu pourrait servir d’abri pour une nuit. Nous alternons route goudronnée et chemin de randonnée, toujours en plein soleil.

Au menu : toujours des sorbes, des poires, pommes, ainsi qu’une mine bienvenue de gesse, une verdure douce au goût de petit pois.

Nous dormons sous le mont Vial en surplombant Revest les Roches et Tourette du Château à plus de 1000m d’altitude. Au moment d’aller se coucher, les duvets des dormeurs à la belle étoile sont déjà tout blancs et craquants, brrrhhh… Ça aura été la nuit la plus froide avec un bon givre au petit matin. Heureusement le soleil est vite revenu réchauffer notre équipe.

 MERCREDI 16 / 11 :

Nous rejoignons le village de Tourette du Château pour nous réapprovisionner en eau. Le but étant de rejoindre ce jour Gilette, où nous étions supposés retrouver Yari à la mi journée.

Nous traçons à travers bois de chênes verts et oliviers, un peu en « hors pistes », parfois : paysages grandioses, lumières…. et déflagrations de fusils de chasse. Nous avons trouvé plein de bonnes choses comme poires, pommes, cormes, raisins « framboisés » , alises, verdures « sauvages »…mais aussi une foultitude de propriétés privées (de bon sens) âprement « défendues » par des chiens tous plus bruyants les uns que les autres…

Heureusement, Bert avait eu la généreuse idée d’amener avec lui un petit accordéon « de voyage » qu’il a entrepris de « débourrer » (il était neuf!) en nous jouant, de temps à autre, quelques airs pour nous « lisser les neurones » et ça, c’était un vrai plus !

Nous arrivons à Gilette vers 13h00 et attendons vainement Yari là, quelques heures au soleil, à l’abri du vent dans un petit jardin d’enfant où nous faisons sécher nos tentes et sac de couchage.

En fin d’après midi, nous reprenons la route par un petit sentier qui redescend vers la plaine du Var.

Nous mangeons nos premières olives séchées au sol, à nouveau des sorbes et plantons la tente au soleil couchant dans un endroit un peu trop humide à notre goût.

JEUDI 17 / 11 :

Nous longeons le Var et découvrons notre premier plaqueminier de la « tournée ». Ten Shao a commencé à grimper dans l’arbre puis a été relayé par Bert et Philippe, c’est une régalade générale, sauf pour Julie qui n’apprécie pas trop les kakis !

Nous rejoignons ensuite la Roquette sur Var à travers de vieux chemins un peu abandonnés où nous glanons des herbes sauvages : mauve, pissenlits, mais aussi olives, et nos premières arbouses . Parmi les herbes dont nous ne connaissions pas le nom, nous découvrons ce que nous nommons spontanément par défaut « queue de requin » et qui s’avère être l’Hyoséride radiée, qui nous nourrira tout au long de ce périple, cette plante étant très fréquente dans la zone de l’olivier.

Nous rejoignons des zones de maquis remplis de cistes sur les hauteurs de la Roquette…

En cette fin de journée, nous nous sommes retrouvés à traverser une vallée profonde. Nous sommes tombés sur un homme qui ne voulait pas que nous passions par un chemin descendant (qui était pourtant sur la carte), dont il prétendait qu’il était privé et dangereux, en affirmant que nous ne pourrions de toute façon pas remonter en face.

Et ben SI ! Clotilde a réussi, avec beaucoup de fine diplomatie, à éconduire ce manant et nous avons poursuivi vers l’épreuve qui nous attendait.

C’était un peu chaud en effet, mais le chemin « soit disant disparu » était bel et bien là, très pentu et parfois en mauvais état. Julie n’était pas en bonne condition pour ce genre de trip, mais nous y sommes finalement arrivés, joyeux et fourbus, tous ensemble. Et très courageux, les garçons ont arrosé l’arrivée d’une petite douche glaciale ! Ce fut sans doute un des événements qui a « soudé » ce primo-groupe.

Et si le susdit manant avait tenté de garder pour le lobby des chasseurs ce chemin encombré de tas considérables de cartouches et de cadavres de bouteilles de boisson alcoolisées…? Merci les « protecteurs de la nature » !!!

La nuit arrivant, nous avons monté les tentes à la nuit tombante dans un verger d’oliviers sans bien savoir si on était sur une propriété privée ou pas…

VENDREDI 18 / 11 :

Départ vers le Mont Cima, qui, à notre grande surprise, est une zone assez sauvage, pourtant proche de ces villages de l’arrière pays Niçois, mités et résidentiels. Des troupeaux de chèvres et des allures d’alpage nous font oublier la proximité de la mer.

Nous redescendons vers Aspremont où nous découvrons un des meilleurs raisins framboisé du périple.

Nous avons été accompagnés toute la journée par un chien de chasseurs égaré qui avait jeté son dévolu sur notre groupuscule et dont nous eûmes le plus grand mal à nous séparer ; heureusement, un quidam nous a aidés en enfermant l’animal dans sa propriété.

Nous trouvons encore quantité de sorbes, noix plus ou moins fermentées, et kakis mûrs et fondants en passant par Tourette Levens.

Nous terminons notre journée par une grosse marche de nuit, très agréable, et trouvons un site parfait pour les tentes… à l’aveuglette.

SAMEDI 19 / 11 :

Au matin, nous nous apercevons que nous sommes sur un surplomb, devant un soleil levant magnifique. De là, nous rejoignons Cantaron où nous nous arrêtons quelques heures à un lavoir pour faire un peu de toilette du corps et du linge, un peu de musique, trois pas de valse et de mazurka et nous repartons direction de Peille où nous nous régalons à nouveau d’olives séchées au soleil et de verdure…

Nous trouvons aussi ce jour des nèfles d’Europe excellentes.

Nous terminons la journée avec du mal a trouver un spot agréable, dans un vent assez froid et en essayant d’éviter l’autoroute qui ne passe pas loin. Finalement, une petite forêt encaissée nous accueille. Phil dit avoir passé sa meilleure nuit dans l’énergie forestière de chênes verts.

 DIMANCHE 20 / 11 :

Julie nous déclare son souhait d’arrêter la marche ; elle se sent épuisée et pas tout a fait prête pour cette alimentation. Elle a du mal avec le manque de « variété » dans un repas.

Nous l’encourageons à tenter quelques journées avec moins de marche et l’approche de la mer qui devrait nous apporter plus de variété, justement. En effet, ce jour nous descendons tranquillement vers Roquebrune où nous glanons le long des clôtures privées, raisins, caroubes, agrumes, kakis et figues de barabarie dont Julie, qui n’aime toujours pas les kakis, se régale… mais attention aux épines !

Un avocatier nous a même nargué mais ses fruits étaient inaccessibles.

Nous sommes arrivés à Roquebrune / Cap Martin et nous sommes installés comme des rois sur la plage (proche de la gare) presque déserte, en fin d’après-midi. Les filles se sont baignées dans l’allégresse de la mer !

Hormis notre groupe, il n’y avait là qu’un individu qui s’amusait à piloter un jouet volant, sorte d’hélicoptère à 4 rotors, avec son téléphone : impressionnant !

Durant la nuit nous avons eu une pluie mineure qui ne nous a pas plus dérangé que ça, en tout cas, pour ceux qui étaient en tente…

 DIMANCHE 20 / 11 :

Le matin, nos ablutions pratiquées à l’aide d’une douche publique de plage, nous nous remettons en chemin. Nous faisons le tour du Cap Martin par un chemin bétonné qui le longe, sans grand charme.

Par contre, ensuite, Clotilde nous fait découvrir une plante buissonnante de bord de mer qui pourrait s’apparenter aux chénopodes, mais en version salée : Atriplex halimus . Excellent !

Suivrons quelques dattes glanées sur un trottoir, caroubes et, bien sûr, des agrumes en pagaille généreusement laissés à notre discrétion dans le jardin des agrumes de la ville. Intéressant, certaines des allées de Menton sont bordées de « Faux Poivriers » dont les baies, relevées, sont comestibles : c’est le fameux poivre rose, aromatique.

À cause d’une grève de certaines catégories du personnel de la SNCF, Yari, Philippe, son garçon Raphaël (8 ans et demi) et Katia, ont été obligés de trouver un moyen de transport alternatif, un bus, ce qui a eu pour effet de retarder de quelques précieuses heures notre départ pour l’Italie.

Mais nous voici partis, sur la route du bord de mer, en direction de « Vintimiglia », accompagnés par une connaissance de Bert. Tout ce béton, cette asphalte et les nombreux véhicules qui vont avec, nous font regretter de n’avoir pas choisi d’essayer de retrouver le GR 51 que nous avions suivi jusqu’à Roquebrune, même si notre carte IGN s’arrête à la frontière…

Après avoir cherché des alternatives à la route, avec un succès mitigé, nous échouons, à la nuit tombée, sur un site un peu glauque, pas très engageant du moins. À l’initiative de Phil, nous choisissons finalement de nous installer juste derrière une petite plage, entre le long mur décati d’une propriété et une rangée de platanes, plantés au bord d’un ruisseau, qui nous fournissent un matelas épais de feuilles bien venu. La mer, agitée, se fait entendre, ainsi, bien sûr, que les sempiternels chiens de garde durant cette première nuit en Italie, avec le groupe au complet…

 LUNDI 21 / 11 :

 Au matin, Julie et Phil nous annoncent leur décision : ils dissident ! Chacun a ses raisons et nous nous séparons une fois rejointe la route principale, tout en ayant au préalable consommé ensemble un plantureux repas de clémentines sauvées de l’abandon pur et simple.

Nous connaissons quelques difficultés pour trouver notre chemin vers l’arrière-pays… Car nous sommes gavés de route bitumée et des autres nuisances de ce qu’on appelle pompeusement « la Civilisation ».

Heureusement, kakis, cormes et jujubes nous stimulent dans notre avancée…

L’agrément reprit peu à peu le dessus sur son pendant tandis que le nouveau groupe s’apprenait, que de nouveaux liens naissaient petit à petit… sous le soleil !

MARDI 22 / 11 :

Nous étions parvenus à Torri et notre objectif déclaré pour la journée était de nous rendre à Airole. Nous n’avions pas de carte et nous nous en remîmes aux rares pancartes, pour nous guider sur un bon chemin de randonnée balisé : petite pause baignade des « uns » dans une grande vasque d’eau claire et bien fraîche, puis longue montée au soleil au milieu des bruyères… Deuxième pause plus haut au bord de la même rivière, baignade des « autres », et concert bucolique : Katia étant venue avec une flûte, elle enrichit les ritournelles que Bert continue à nous servir à l’accordéon, un bon plan intarissable ! La redescente sur l’autre versant nous réservait une mauvaise surprise : nous nous sommes retrouvés entre les feux de plusieurs chasseurs épris de cartouches… une vraie fusillade, désagréable et dangereuse…

 MERCREDI 23 / 11 :

D’Airole, nous sommes allés jusqu’à Rochetta Nervina qui tire son nom des roches striées très caractéristiques de ses alentours.

Nous avons trouvé dans ce village un noyer mémorable qui nous a fourni, en quantité, des noix fermentées toutes meilleures les unes que les autres. Philippe et Raphaël y ont découvert, à leur tour, les charmes de ces fermentations.

C’est ainsi que nous avons traversé des pierriers tout-à-fait particuliers constitués de sortes de fragments de pierres en forme de « frites » et le soleil nous inondait toujours de ses bienfaits. Je ne sais plus si c’est par là que Bert à décidé d’acheter des cartes pour que trouver notre chemin soit plus aisé, mais ça n’a pas été très concluant. Bien souvent, les indications de la carte étaient en contradiction avec la signalisation sur le terrain (quand elle existait), voire avec les conseils de gens interrogés sur place, ce qui ne faisait qu’ajouter à la confusion, car la cohérence entre ces diverses sources d’infos était plus que rare…

J’ai appris depuis, de la bouche même d’une amie italienne, qu’il valait mieux acheter des cartes IGN avant de venir en Italie car les cartes italiennes sont de qualité médiocre autant pour leur imprécision que pour la fragilité du papier employé !

 JEUDI 24 / 11:

Nous quittons alors Rochetta Nervina pour nous rendre à Dolce Acqua. Un bon trip sous le soleil, particulièrement agréable car les températures sont quand même hivernales, à ces altitudes…

Les partages de connaissance ou d’ignorance continuent la construction de notre « Entité Groupale » et la nature, pas trop défigurée, nous stimule durant nos parcours initiatiques et gastrosophiques.

 VENDREDI 25 / 11:

Dolce Acqua-Périnaldo, tel est l’objectif de ce jour ensoleillé.

La profusion de nourriture est révélatrice de la capacité de surabondance qu’on peut trouver dans la nature. Kakis, arbouses, olives, raisins, agrumes et, pour finir, des noix pléthoriques, mangées au pied du noyer, sous les yeux médusés de quelques mamans et enfants.

Pour Ten Shao, qui n’a pas pris le soin de se couvrir durant ce repas final et la courte marche qui l’a suivi à destination d’un « spot » pour planter le campement, le coup de froid sur le début de digestion s’est soldé par des douleurs abdominales sporadiques durant quelques jours…

SAMEDI 26 / 11:

L’ambition du jour est de relier Perinaldo à Ceriana, en passant par le Mt. Bignone (+1252m !). Une longue journée de marche soutenue, on sent bien son sac sur le dos !

Heureusement, le soleil est encore avec nous, ce qui nous permet de déguster de beaux paysages, notamment en haut du Mt Bignone .

Il me semble que c’est durant la descente que nous avons pu nous régaler de coulemelles excellentes et généreuses dont « l’excédent » à été pris en charge par Raphaël, tout content de faire cette expérience, parfois éprouvante pour lui, avec son père et nous . Soit dit en passant, « Raphy » a bien assuré, rares sont les moments où Philippe (chapeau bas !), en plus de leur 2 sacs, se l’est pris sur les épaules ou par la main lorsque le garçon montrait des signes de fatigue ! Et quels cueilleurs !

 DIMANCHE 27 / 11:

On a encore bien galéré avec ces histoires de cartes quasi fantaisistes pour (presque) relier Cariana à Taggia .

En cours de route, nous nous sommes séparés avec regrets de Clotilde qui devait assurer la préparation de son voyage familial en Inde, snif !

Beaucoup de marche aussi ce jour-là, surtout après une nuit perturbée par le bruit incessant de l’ « Autostrada » trop proche, relayée, dans les creux, par ces chers canidés-veilleurs grands pourfendeurs de silence relatif !

Tout le monde était un peu « ensucké »… sauf le soleil qui nous dardait encore et toujours ses agréables rayons !

LUNDI 28 / 11 :

Afin d’éviter de camper trop près de l’autoroute, nous avons décidé, en quittant Taggia, de diriger nos pas (autant que faire se pouvait) vers Castellaro via Pompana.

Heureusement, le soleil était toujours là et nous avons ramassé chemin faisant des avocats, agrumes, du raisin, quelques pommes et figues de barbarie. Toujours bon à prendre…

Il nous a fallu un supplément d’efforts pour trouver, dans un fond de vallon, une petite aire de pique-nique et des emplacements à flanc de pente pour planter nos tentes à l’abri du brouhaha infernal de la continuelle circulation autoroutière. Mais quel ravissements d’entendre nos amis musiciens rehausser le cadre bucolique de leurs dialogues mélodieux !

L’idée devient nette pour tous qu’un besoin de se « poser » un peu se fait de plus en plus sentir ; cela nécessiterait un spot au calme mais recelant toutefois quelque potentiel nourricier… pas évident !

 MARDI 29 / 11 :

 Mhhh ! La flûte de Katia dans la forêt ! Ambiance fées et lutins garantie !

De Castellaro, notre ambition est d’aller jusqu’à Linguiglietta, en passant, à priori, par Pompeiana.

Kakis, raisins, coulemelles et récoltes usuelles ont émaillé notre parcours sous le soleil, toujours fidèle au poste.

Parcours relativement cool comparé aux journées précédentes…

Avons trouvé un grand « plat » pour camper, sous des bouquets de Chênes, pas vraiment assez loin, cependant, du générateur de nuisances sonores n° 1 du secteur.

 MERCREDI 30 / 11 :

 Au pliage de leur tente, Yari et Ten Shao découvrent un scorpion et quelques araignées de bonne taille, avant d’aller se régaler des fruits du plaqueminier et de la vigne repérés la veille à 2mn du campement .

Prendre des forces avant de nous lancer dans l’expédition du jour : Linguiglietta-Civezza -Torazza est un délicieux plaisir avec ces produits abondants et faciles d’accès.

Durant l’après-midi, Ten Shao, un peu en arrière, a perdu le contact avec le groupe pendant deux heures, avant l’arrivée à Civezza. Un embranchement lui avait échappé dans sa hâte à rejoindre le groupe…

Civezza étant un village étendu de tout son long sur une grande crête, avec trois églises éloignées les unes des autres au gré du relief, il n’a pas été aisé de recoller les morceaux et il a fallu faire appel à la technologie du téléphone mobile afin de réduire la perte de temps due à la situation.

Le chanceux Ten Shao a bénéficié d’un réconfortant massage du dos par les mains douces et habiles de Katia et, plus tard, dans la chaleur du sac de couchage, d’un massage des pieds appliqué par Yari, que du bonheur !

Non loin de Torazza, un spot sous couvert d’oliviers nous accueille agréablement. Quelques nuisances canines en provenance de la vallée mais cueillettes potentielles diverses pour le matin à venir.

 JEUDI 1ER DÉCEMBRE :

 Aujourd’hui, nous faisons « pédale douce », le projet étant de se rapprocher sensiblement d’Impéria (deux communes agglomérées) sans se farcir l’autoroute : un défi !… Réussi !

À 16h30, nous sommes déjà tous installés sur un site cool, herbeux, sous de jeunes oliviers, après une bonne journée tranquille, ensoleillée, agrémentée de bâfrades diverses : agrumes variés, super jujubes, kakis, grenades, olives, raisins… une opulence qui frise l’indécence sur le court parcours entre Torazza et Cantalupo

Il faut dire que, demain, on a prévu de lever le camp à 9h au plus tard car nous avons décidé collectivement d’accompagner Katia à une gare puisqu’elle a d’autres engagements à tenir. Il nous faudra donc descendre à Impéria où certains d’entre nous profiterons de l’occasion pour se connecter brièvement dans un Cyberespace, histoire de vérifier si des mails demandent à être traités rapidement, avant de repartir dans les hauteurs…

VENDREDI 2 / 12 :

Est-ce tristesse du ciel saluant le départ prochain de Katia avec quelques larmes de pluie dès 5h du matin ?

Pour la première fois depuis quasi trois semaines, nous devons plier, sous la pluie, du matos trempé et nous vêtir en conséquence : le ciel, si clément jusqu’ici, est aujourd’hui lourd de menaces liquides qui ne se lassent pas de tomber, parfois légères, mais le plus souvent en rangs serrés de grosses gouttes d’eau mouillée !

Cela ne nous empêche pas de trouver l’un des aliments les plus marquants de notre périple en présence de deux avocatiers abondamment garnis de fruits absolument délicieux qui ont fait l’unanimité et la réjouissance du groupe. Des avocats noirs, pour la plupart séchés sous le pied, dont seules les graines se soustrayaient à notre gourmandise.

Un régal « apothéotique » ! combiné à une bien agréable rencontre avec un homme affable en compagnie duquel nous avons échangé de façon aussi riche que possible compte tenu de la barrière linguistique un peu fissurée entre nous.

Après quoi nous nous remîmes en route pour honorer le « contrat », arriver à une gare à une heure valable pour que Katia puisse s’en retourner sans problèmes vers ses occupations. La ville, la pluie quasi incessante, le départ de Katia, dernier élément féminin du groupe ; après ces périodes paradisiaques, autant de stress peu engageants à assumer…

Mais, bon, après le départ de Katia, renseignements pris, nous nous rendons sur l’autre commune d’Impéria afin d’ y trouver le Cyberespace requis pour nos projets… Un Italien interpellé par Bert a la gentillesse de nous guider jusqu’à la petite échoppe. Trop petite pour nous accueillir tous en même temps, seuls Bert et Ten Shao s’y rendent dans un premier temps tandis que Raphy, Philippe et Yari les attendent, à l’abri, sous une sorte de galerie commerciale comme on en trouve beaucoup sur le pourtour méditerranéen. Une fois leur mission accomplie, Bert et Ten Shao reviennent à la galerie pour y retrouver leurs comparses et poursuivre le programme.

Là commencent les soucis : pendant leur attente, Philippe, Raphy et Yari ont étés interpellés par des policiers italiens qui ont finalement embarqué Philippe et Raphy pour contrôler son identité ! En effet, Philippe n’avait jamais songé à la parano ambiante et ne possédait pas de papiers d’identités pour Raphy…

Ma, qué kazo !

Pour faire bref, cette embrouille a entraîné un résultat désolant : il nous a fallu attendre jusqu’à 16h30 pour récupérer nos amis !

L’heure était grave et trop tardive pour que nous entreprenions de retourner vers les hauteurs, nuit tombante, sous la pluie fréquemment torrentielle, en vue d’y trouver un hypothétique lieu propice au camping sauvage. Raphy était traumatisé par cette expérience policière où son père avait fait l’objet de la suspicion de « kidnapping », certains d’entre nous étaient globalement trempés…

C’est ainsi que nous avons changé nos plans et décidé de revenir, par le train, vers Vintimille, dans l’espoir d’y finir la nuit à l’abri dans un train…

Toutefois, lorsque, vers 18h, nous arrivâmes à la gare de Vintimille, nous vîmes à quai un train français à destination de Grasse, ce qui nous a donné l’idée de continuer dans cette direction avec l’intention de nous arrêter à Roquebrune-Cap Martin où nous espérions trouver un havre paisible pour nous reposer au sec.

Une fois dans ce train, l’analyse de la situation nous poussa à en décider autrement et nous choisîmes d’aller plutôt jusqu’à chez Ten Shao trouver le lieu ressource que nous cherchions depuis plusieurs jours. Afin de mieux repartir, « du bon pied » dans une variation imprévue du projet global initial.

Nous étions au chaud, nous séchions tranquillement, tout allait mieux et nous recommencions à envisager la suite sans stress… Cool !

Lorsque le train stoppa en gare de Nice, on nous annonça subitement que, en raison d’une pagaille indescriptible due aux aléas climatiques (la pluie sévissait aussi de ce côté de la frontière!), ce train n’irait pas plus loin mais que, juste devant lui, un autre train s’apprêtait à partir pour Fréjus.

Avec une foule d’autres voyageurs, nous prîmes d’assaut cet autre train et trouvâmes des places douillettes pour la suite des événements. Dans l’heure qui suivit, le train qui n’avait pas encore bougé, se vida et se remplit plusieurs fois, au gré des différentes annonces de la SNCF apparemment débordée. Naturellement, nous sommes restés paisiblement installés, spectateurs amusés de toute cette agitation délirante, sachant que, ici ou ailleurs, statiques ou en mouvement, ce qui comptait, c’était qu’on était à l’abri…

Enfin, le train s’ébranla, bondé à bloc… Nous arrivâmes en gare de Golfe-Juan/Vallauris à 21h30, frais et dispos pour parcourir la petite demi-heure de route montant à Vallauris, « fief » de Ten Shao, la pluie avait même cessé !

Dans la « grange » de Ten Shao, chacun put goûter un repos bien mérité après ces pérégrinations légèrement tumultueuses et un repas d’oléagineux de choix offert par leur hôte…

SAMEDI 3 / 12 :

Grasse mat’, étalement des tentes et autre matos mouillé puis journée consacrée à l’exploration en mode « relax » des environs.

Quelques raisins assez particuliers, de bonnes amandes (enfin!), des quantités d’agrumes divers égayèrent cette journée durant laquelle le soleil, magnanime, refit son apparition, pour la plus grande satisfaction de tous…

 DIMANCHE 4 / 12 :

Repackage des sacs, séchage final des équipements, tout cela nous amena à repartir assez tard, vers midi.

Ten Shao, qui avait décidé d’arrêter là l’expérience, nous a toutefois accompagnés en direction de la sortie du village correspondant à l’itinéraire décidé la veille .

Incidemment, sur le chemin, un plaqueminier de belle taille nous appela des couleurs de ses fruits rouges, ça tombait bien ! Nous avons alors rencontré le « propriétaire » de l’arbre qui nous a fort bien accueilli et avec lequel nous nous sommes entretenus dans un agréable commerce durant une bonne heure tout en dégustant les fruits que nous attrapions à l’aide d’un cueilleur « ancestral » mis à notre disposition par notre hôte, bien du bonheur derechef !

Ensuite, nous nous remîmes en route vers de nouvelles aventures en laissant derrière nous Ten Shao…  Nous avons poursuivi vers le nord et traversé la parc de la Valmasque.

Arrivés vers Valbonne nous demandons a un vieux paysan si on peut manger ses restes de kakis séchés sur l arbre. Il nous accueille gentiment et nous partageons une discussion sur la politique et le monde…

Nous poursuivons et, à la nuit tombante, à Valbonne où nous sommes accostés par un maçon « enfant de Valbonne » très attaché à son village. Il insiste pour nous faire un tour de visite de son village. Il est très surpris par notre expérience à laquelle il ne croit qu’à moitié. Nous lui faisons découvrir les micocoules petits fruits noirs très sucre, fréquents sur les places de village provençaux.

Nous poursuivons de nuit vers Opio et trouvons une petite pinède avec un bon tapis d’aiguilles pour matelas.

 LUNDI 5 / 12 :

Nous poursuivons vers Opio, Le Rouret. Dans un quartier résidentiel nous avons l’audace de demander à une propriétaire de ramasser quelques kakis qu’elle ne ramasse apparemment pas. Elle nous y autorise généreusement.

Mais en partant, un voisin nous ayant vus dans l’arbre, supposant que nous y étions allés par effraction, il contacte un policier municipal qui nous interpelle. On s ‘explique calmement et il nous souhaite bonne route.

Nous atteignons plus vite que prévu Le Bar sur loup, où nous trouvons encore kakis, mandarines amandes.

Et tentons le « chemin du paradis » qui surplombe la vallée du Loup pour rejoindre Guido et Sylvaine à Gréolières. Nous y arrivons tard assez fatigués.

 MARDI 6 / 12 :

Après un temps de repos passé à discuter avec Guido et l’aider un peu au jardin, nous reprenons la route pour grimper le Cheiron et atteindre Gréolières les Neiges à la nuit tombante, sous un vent glacial à 1600 m. d’altitude.

Nous faisons un feu pour nous réchauffer mais c’est insuffisant, on se glisse alors sous nos sacs de couchage.

 MERCREDI 7 / 12 :

Nous redescendons le Cheiron vers Aiglun. C’est une forte pente continue et c’est épuisant pour les cuisses !

Nous trouvons alises, pommes, cynorhodons.

Arrivés à Vescagne, Bertand part vers Sigale pour rejoindre La Penne et Yari, Raphael et Philippe poursuivent vers Collongues pour atteindre Les Gouttes D’O.

 CONCLUSIONS :

Au niveau alimentaire, nous n’avons jamais manqué de nourriture.

A certains moments, nous recherchions peut être un peu plus les protéines.

Les fruits restent majoritaires dans l’équilibre, ils sont trop tentants !

Une expérience au printemps permettrait de tester un plus grande proportion de verdure.

Nous avons eu beaucoup de chance au niveau de la météo, un seul jour de pluie et des températures exceptionnellement élevées pour la saison.

Une fois de plus, nous constatons que les arrivées de nouveaux et les départs de participants sont problématiques pour le groupe et les plannings. En effet, le groupe se constitue, se soude, au fil des bons moments et épreuves, les relations qui s’établissent entre les membres génèrent une « entité groupale ». Au niveau communication, c’est un processus complet. Des changements intempestifs de participants altèrent ce processus.

 Julie, par sa « défaillance », nous a montré une fois de plus que l’expérience n’est pas facile pour des personnes qui ne sont pas déjà initiées à l’alimentation crue.

 Il s’agit déjà d’une expérience importante de dépassement de soi que de se satisfaire d’aliments trouvés dans la nature, sauvages ou domestiqués, sans les dénaturer d’aucune façon !

L’effort physique rajoute une difficulté, même si ce n ‘est pas un marathon ; nous avons besoin de nous déplacer régulièrement pour satisfaire curiosité, diversité, qui sont importants pour l’équilibre psychologique durant l’expérience.

Si la prise alimentaire en monodiète est une difficulté, cela ne facilite pas l’expérience…

 Nous décidons donc de proposer une prochaine session d’ « initiation », pour des personnes qui découvrent, en ne partant qu’une semaine en avril du 21 au 27 dans le Var.

Nous avons tous trouvé que la difficulté principale de ce type de randonnée en hiver est la longueur des nuits, qui implique beaucoup de temps passé dans la tente pour ne pas avoir froid. Nous avons passé des soirées sympathiques dans la tente principale, ce qui a beaucoup aidé.

Enfin, une charge importante sur le dos étant un facteur de découragement, nous souhaitons expérimenter une prochaine « longue » itinérance avec des animaux de bât.

Alors, prêts pour l’aventure, vous aussi ?

Contact : bert.ollivier@gmail.com

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L’eau de Bouleau

eau de bouleau en verreLe printemps arrive à grands pas et l’eau de bouleau coule à flot dans les troncs. J’en bois de 2 à 3 litres par jour ! C’est une eau limpide, claire et très peu sucrée voire pas du tout.

Le goût de l’eau de bouleau me fait penser à de l’eau pure avec une nuance de sucrée en sortie de l’arbre, donc plus frais que ça, y pas !
Une fois fermentée, l’accent sucré (fruité) se fait plus sentir et cela est agréable pour moi.

Pour la récolter (début de la récolte de fin février jusqu’aux premières feuilles sur l’arbre, soit environ 5 semaines), il suffit de prendre une perceuse avec ou sans fil et une mèche de diamètre 5, percer en biais pour y coincer une paille en plastique rigide (ou autre chose) et, bien sûr, de disposer d’un arbre (bouleau verruqueux : Betula pendula, syn. B. verrucosa) qui a une circonférence comprise de 25 à 30 cm, dans son jardin ou en forêt près de chez soi.
Mettre un verre (50 cl minimum) recouvert d’un film plastique étirable, tendre le film et percer avec la paille.

La vitesse d’écoulement dépend : quand il pleut, il y a davantage de liquide qui s’écoule, et de l’endroit où l’arbre est situé (près d’une rivière ou au milieux d’un champ).
Cela dépend aussi du moment de la récolte : au commencement (fin février) le flux est très léger, alors que début avril, le jet est continu !

Attention aux risques pour l’arbre : infection du tronc par micro organisme (bien boucher le trou une fois la récolte effectuée), épuisement dû au fait de récolter trop de sève (ne pas dépasser plus de 10 litres par arbre).

Détail de la procédure :

1. Percer un trou avec une mèche (forêt) à bois (enlever la pellicule d’huile de la mèche en perçant des trous dans des planches ou nettoyer avec de l’alcool à 70 degrés) de diamètre  5 en biais, avec angle à environ 45 ° – profondeur 5 cm. (la hauteur du trou par rapport au sol : de 30 cm à environ 1 m)
2. Y mettre une paille en plastique et l’enfoncer bien en profondeur.
3. Placer un verre (de préférence opaque pour éviter les rayons uv) avec une contenance de 50 cl minimum (voire un bidon de qualité alimentaire avec tuyau souple) en-dessous de la paille et monter le verre vers la paille pour percer le film plastique étirable. Bien caler le verre pour qu’il tombe pas. Et voilà !

Pour reboucher le trou, utiliser une cheville en bois (du commerce ou idéalement en fabriquer à partir de l’arbre à récolter), mastic végétal ou terre au pied de l’arbre (voire de l’argile).
Normalement, l’année suivante on réutilise le même trou (qui se sera bouché de l’intérieur par dépôt calcique) en passant la mèche de diamètre 5 pour ne pas avoir un arbre affaibli par les récoltes.

Et n’oublier pas de remercier l’arbre pour ce don qu’il nous fait en nous offrant son liquide vital (c’est comme si on lui faisait une prise de sang pour nous « transfuser » sa précieuse eau…  dixit Caroube).

eau de bouleauInformations complémentaires :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Eau_de_bouleau

http://www.passeportsante.net/fr/Solutions/HerbierMedicinal/Plante.aspx?doc=bouleau_hm

Voici la mèche à bois en question. Il n’est pas nécessaire de prendre une mèche à bois dur : à défaut une mèche métal fera l’affaire.

foret pour bois dur

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Mon analyse sanguine

Après un an d’alimentation cru, voici mon analyse (bilan) sanguine qui satisfait mon médecin traitant.
Par contre je n’ai pas fait de bilan sanguin avant de manger cru ce qui est dommage.
Ma tension artérielle est de 12/8 cmHg et le battement du cœur au stéthoscope est normale.

Pour de plus ample renseignement voir les lien ci-dessous :

http://www.doctissimo.fr/html/dossiers/hypertension_arterielle/sa_4861_hta_secrets.htm

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pression_art%C3%A9rielle

http://sante-medecine.commentcamarche.net/faq/1925-facteurs-modifiant-la-tension-arterielle

http://www.aprifel.com/articles-sante,detail.php?m=4&rub=14&a=1184

Voir ci-dessous mes résultats :

Bilan_biologique_sanguin_2011

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