Maman, j’ai envie de manger cuit…

« Maman, j’ai envie de manger cuit… Les odeurs, le bon goût dans la bouche, et puis les copains mangent cuit alors ça me donne envie… Et puis je voudrais des produits exotiques et on n’en a pas, alors c’est dur… Et puis quand je viens t’en parler tu t’énerves sur moi, alors du coup j’évite de t’en parler… »

C’est ce que ma fille m’a dit et voici un résumé de ce que je lui ai répondu sur le moment.
« Oui, les odeurs donnent envie… Et tu te souviens du goût dans la bouche… Ah, c’est dur avec les copains ? Tu aimerais avoir plus d’exotique parce que tu aimes le goût et qu’alors le cuit ne t’attirerait pas… Peut-être que je pourrais m’arranger pour avoir plus d’exotiques quand tu vois tes copains qui mangent des trucs cuits ?… C’est vrai que je m’énerve, je parle fort et je dis des choses pas très claires… J’aimerais bien t’expliquer ce qui m’énerve vraiment : ce qui m’énerve c’est de ne pas avoir assez de sous pour t’offrir tous les fruits exotiques dont tu as besoin, ce qui m’énerve c’est de ne pas être aussi centrée que je le voudrais pour accueillir tes émotions au moment où tu viens m’en parler. Du coup en vrai ce qui m’énerve c’est de ne pas réussir à être la super maman que j’aimerais être pour toi. »

La discussion est ensuite passé à un autre sujet, et tous ces échanges m’ont fait réfléchir.
Est-ce-que ça me semble toujours essentiel de donner à manger cru à mes enfants ? Oui, c’est une décision mûrement réfléchie, basée sur nos expériences du cru à son père et moi. Nous avons constaté les bienfaits de l’alimentation crue et les dégâts des aliments cuits.
Mais alors, d’où me vient cette tristesse que je ressens ?
Est-ce une peur qui remonte en moi ? La peur d’être une mauvaise mère ? C’est vrai que bien souvent j’ai en face de moi des personnes qui me disent que je martyrise mes enfants de ne pas leur donner des gâteaux, des sucreries, etc. Oui, c’est compliqué encore pour moi de gérer les jugements de mes interlocuteurs. Je me retrouve à me justifier, expliquer… une prochaine fois j’essaierai de rester à l’écoute de la personne plutôt que d’écouter mes peurs de me faire juger.
Aussi, je fais plein d’efforts pour que manger cru soit un plaisir pour mes enfants. Je fais des efforts financiers, je m’organise pour trouver des aliments de qualité, dans les quantités qui leur font plaisir, etc. Et ce n’est pas suffisant… Je me sens pas assez compétente…
Finalement, j’ai peur d’être une mauvaise mère, et j’ai du coup peur que les autres le voient et me jugent ainsi.
Mais cette tristesse qui me reste… ah oui, j’ai trouvé : quand ma fille me parle, moi, je revis à travers elle les tristesses de mes propres frustrations. Du coup je n’arrive pas à l’écouter vraiment.
Je me sens soulagée là, ça va mieux. Je me repencherai plus tard sur mes émotions à moi, et je reviens sur ce dont ma fille m’a fait part, pour voir comment je l’entends maintenant.

Une discussion avec un ami il y a peu me revient en tête. Dans le cru il y a tous les goûts, et la cuisine ne cherche qu’à imiter ces goûts avec la cuisson et des recettes… falsification qui ne fait pas ses preuves puisque notre palais nous réclame toujours plus, signe qu’il n’est pas satisfait… Alors que dans le cru, le corps est pleinement satisfait lorsqu’il a ce dont il a besoin, au moment où il en a besoin, en quantité nécessaire.

Je vais pouvoir reparler à ma fille de ce sujet sans être envahie par mes propres peurs, ma propre tristesse. Je vais pouvoir être centrée quand je vais lui parler, plutôt que d’attendre que le sujet arrive à un moment où je serais débordée. Rester à l’écoute de ma fille, pouvoir accueillir ses émotions. Parce que passer à une alimentation crue, c’est aussi se reconnecter au rythme de la nature, et cette période « entre deux saisons » génère des frustrations bien légitimes.

— Doe

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Témoignage Suite III : Rencontre du troisième cru

Rencontre du troisième cru

Je ne suis malheureusement pas tombée dans le cru à la naissance…

En fait, j’ai découvert l’alimentation crue passé mes trente ans, alors que je venais d’avoir mon troisième enfant.

Plusieurs signes sont venus en même temps pour m’y faire converger.

Alors, j’ai fait quelques recherches et je me suis lancée dans une alimentation crudivore, à 70 %. J’ai pu remarquer que j’avais plus d’énergie, malgré la fatigue post-partum.

Et puis, je suis partie en vacances, ai remangé cru et même remangé du lait, alors que je n’en consommais plus depuis quelques années. Après ça, plus moyen de me sevrer !

A ce moment là, j’ai rencontré une première personne mangeant une alimentation non dénaturée et non mélangée. Le concept de se fier à son odorat m’a semblé intéressant, mais bien trop contraignant, alors j’ai mis cela de côté.

Je n’ai pas réussi à remanger cru pendant un bon moment. L’année d’après, j’ai réussi à faire une cure de raisin et de rester ensuite sur un petit déjeuner cru, chaque matin.

Et puis, mon dernier enfant a grandi et j’ai pu davantage avoir la disponibilité mentale pour me consacrer à mes aspirations profondes. Dont remanger cru.

J’ai donc renoué avec une alimentation crudivore, cette fois-ci à 100 %. Il ne m’a plus paru possible de revenir en arrière, sauf pour quelques écarts ! Au fil des mois, les écarts se sont raréfiés, d’autant qu’avec le temps, ceux-ci étaient de plus en plus coûteux en termes d’effets négatifs.

Peu après avoir renoué avec l’alimentation crue, j’ai découvert l’alimentation 80/10/10, à savoir le fait de manger une majorité de fruits et très peu de matières grasses. J’ai constaté que cela me réussissait bien mieux. Et le fait d’avoir supprimé les huiles m’a donné envie de me diriger vers le moins d’aliments transformés possible. En tout cas, l’idée était en train de germer…

D’autant plus que mon chemin n’a alors cessé de me faire croiser soudain de plus en plus de personnes mangeant cru de façon plus ‘originelle’, plus brute. De plus en plus emplie de témoignages dont se dégageait la joie et le plaisir de cette forme d’alimentation, je me suis lancée, petit à petit. C’est aussi à cette époque que la viande s’est mise à m’attirer. Quand j’avais commencé à manger cru, la viande cuite me dégoûtait et me causait des douleurs. Mais sentir de la viande crue de très bonne qualité m’a fait renouer avec ces besoins précis de mon corps. Mais il a fallu plusieurs mois pour que je sois complètement « débloquée » aux protéines animales.

Quoi qu’il en soit, j’ai constaté les effets de cette alimentation sur mon corps, ainsi que la simplicité de ce mode de vie et tout ce qui allait avec. Je pense aussi que cela répondait à des questions implicites que je me posais depuis toujours.

Je suis reconnaissante que la vie m’ait mise sur ce chemin !

Je ne nie pas que l’on traverse toutes sortes de difficultés en mangeant cru : tout d’abord, la détoxination, les frustrations et les écarts, le fait de savoir en parler face à ses proches, gérer le fait d’être invité, etc. Le coût, également, quand on n’a pas la joie de se nourrir de cueillette ou d’avoir un jardin opulent.

Il faut sans doute avoir une bonne assise sociale et être bien centré également !

En contrepartie, il y a aussi tout un tas de bénéfices, comme le fait de se sentir plein d’énergie, d’avoir une belle peau, et tant d’autres choses encore… Se connaître réellement soi-même, être à l’écoute de son corps… Et, au-delà, de ça, c’est toute une façon d’être au monde qui se joue et ça, c’est incomparable…

Auteure : Caroube

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